Comment prendre en compte la participation orale d'un élève trop timide ?

Travailler dans une classe, c'est donner la possibilité à tous les élèves de faire des progrès et de se réaliser au mieux en mathématiques. Les élèves trop timides se tiennent trop à distance et s'interdisent parfois de participer. Il faut régulièrement leur tendre la perche pour les inciter à participer.

On peut par exemple dédramatiser l'erreur, et faire savoir à toute la classe que se tromper n'est pas grave, au contraire puisque cela permet d'avancer et de comprendre si on joue le jeu. Participer ne peut que permettre de gagner des strokes positifs et il faut que tout le monde le sache !

Au-delà, travailler ensemble permettra à chacun de se dépasser et d'entrer dans des domaines extraordinaires : ceux de la géométrie, des probabilités, des espaces de nombres réels... Un vrai conte de fées !

Du rocher de Saint-Barthélémy à Saint-Raphaël en 2015


Voici la question d'un Mégamathien que j'ai trouvée très intéressante. Le contexte est le petit document que j'ai placé sur MégaMaths Classic concernant mon système de notation en collège, il y a maintenant quelques lustres...


QUESTION DE J.F.D.R. :

Bonsoir Dany-Jack,

Je vous écris car j'ai lu votre document concernant votre manière d'enseigner et les différents dispositifs que vous mettiez en place. C'était fort intéressant. Deux questions me sont venues suite à cette lecture :

1) Donniez-vous un document aux parents en début d'année afin de leur expliquer le mode de fonctionnement au sein de votre classe ? Si oui, quelle(s) précision(s) leur apportiez- vous ? Sinon, pourquoi ?

2) Le système de notation de l'oral le paraît intéressant. Cependant, comment prendre en compte la participation orale d'un élève trop timide, et qui ne participe donc jamais ?
Merci pour vos réponses et merci pour tout le travail que vous fournissez, pour nous aider, nous guider et améliorer nos conditions de travail avec votre expérience très enrichissante.


REPONSE :

Oh, il s'agit juste d'un exemple que chacun doit triturer et adapter à son caractère, en expérimentant les effets dans sa classe. Je vous réponds brièvement.

1) Non, j'expliquais simplement mon système aux élèves dès la première heure de cours, puis je le mettais en application. Au début, je ne mettais pas de "moins" mais leur faisais remarquer ce qui n'allait pas dans leur attitude, Par exemple répondre en levant le doigt MAIS sans attendre d'être interrogé, devait être corrigé. Une fois, deux fois, mais la troisième fois j'appliquais mon système et débutais une "interrogation orale". 

Et puis au bout de 2 ou 3 avertissements, j'appliquais le système. Cela passais bien car le nombre de strokes positifs donnés dans une classe était en général supérieur au nombre de strokes négatifs.

2) Il faut de temps en temps inciter un élève timide à parler. On peut aussi passer dans les rangs, regarder les productions. On peut aider cet élève en lui donnant un peu plus d'indications ou en l'incitant un peu plus, puis lui demander d'aller exposer sa solution au tableau, à la suite de quoi on peut lui donner un stroke positif. Bref il faut essayer de le valoriser dès qu'il arrive à produire quelque chose, ou montre qu'il a travaillé l'exercice à faire, etc. Oui : on travaille aussi pour eux, et il ne s'agit pas de les oublier ! On doit les aider à prendre confiance en eux. J'utilisais aussi les strokes positifs de cette façon.

Une autre façon de faire : demander à la classe de préparer un exercice pour le lendemain, et le lendemain, terminer l'heure de cours avec 15 minutes d'interrogation écrite sur EXACTEMENT le même exercice que celui qui était à travailler. C'est extraordinaire de voir alors combien ceux qui ont travaillé, parfois dans l'ombre et en étant timides, peuvent obtenir un 20/20 à l'écrit. Et rappelez-vous : les notes d'écrit quelles qu'elles soient sont comptées avec le coefficient 4, et les notes d'oral avec le coefficient 2. Une interrogation de 15 min ou d'une heure auront le même coefficient. Ce n'est pas un "oubli" de ma part, mais c'est pour encourager des élèves aux profils et caractères très différents : il y a celui qui obtiendra une très bonne note sur le petit exercice à faire chez soi, et d'autres qui n'apprennent moins leurs leçons, mais qui réussissent des épreuves d'une heure plus facilement. Il faut gratifier tout le monde !

Vous verrez, l'enseignement en collège devient alors très simple et tout le monde est content : les élèves, le professeur et... les parents ! Au passage, le principal aussi car il n'a plus de problèmes de discipline à assurer et les parents en redemandent. 

Ah, j'étais un professeur heureux en collège, et je me suis retrouvé dans le supérieur à cause de ma femme et de mon doctorat, mais là, c'est une autre histoire...

Amusez-vous bien en collège ! Et profitez surtout. Dans 90% des classes, les enfants sont FORMIDABLES ! Mais il faut trouver la bonne incidence pour instaurer une dynamique vertueuse dans le groupe classe. Pour le bien de tous !

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