Réforme du collège : morceaux choisis de ceux qui réfléchissent...

Réflexions intéressantes sur la réforme en cours relevées un peu partout :

"Les voix des professeurs s’éloignent de plus en plus et se perdent dans le tintamarre du carnaval politique. Ils piaffent d’impatience et trépignent de rage, qui derrière son bureau, qui derrière son ordinateur. Ils lancent un cri de colère. Il leur reste une dernière possibilité : faire entendre leur voix sur ces programmes qu’on offre à leur consultation. Beaucoup d’entre eux ont longuement et patiemment feuilleté ces dizaines et dizaines de pages énonçant en termes barbares la longue litanie des apprentissages sur lesquels de futurs élèves devront plancher pendant de nombreuses heures. Ils ont des critiques à faire, ils ont des remarques. Ils les feront entendre. Seront-ils eux-mêmes écoutés ? Prendra-t-on en compte leurs remarques. Rien n’est moins certain." (Charles Guiral)





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"N'importe qui, même non spécialiste de l'enseignement, comprendrait :

1) que ce n'est pas en diminuant les horaires de français qu'on peut espérer améliorer les connaissances des élèves. Cette phrase s'applique à toutes les autres disciplines. Mais la diminution des horaires de français est gravissime. Qui se rappelle encore qu'il y a trente ans, un professeur certifié faisait son horaire (18h de cours hebdomadaires) avec...deux classes ?

2) que ce n'est pas en donnant davantage de pouvoir aux hiérarchies intermédiaires (le Conseil pédagogique, dont les membres sont nommés par le chef d'établissement, choisira les EPI), ni aux petits chefs, qu'on améliorera l'ambiance dans les établissements scolaires.

3) que ce n'est pas en multipliant les réunions non rémunérées qu'on va obtenir l'appui des enseignants.

Une explication suggérée par un professeur : au PS, ceux qui s'occupent de l'enseignement ne sont plus, depuis longtemps, des professeurs (...) mais des personnels d'encadrement: proviseurs, inspecteurs, hauts fonctionnaires de l'Education nationale... Ce projet serait celui que tous ces hiérarques tentent d'imposer depuis des années, malgré des échecs répétés et une constante hostilité des professeurs.
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"De sorte que si on prend le tableau des horaires affiché par exemple sur le site du ministère, le non initié peut ne pas voir où est le problème, mais en effet les activités "nouvelles"' sont prises sur les horaires existants, lesquels sont de plus amovibles d'un niveau à l'autre à l'intérieur de l'enveloppe globale.
Hum, c'est pas clair ça, donc traduction par un exemple : le petit Jules n'a presque pas eu d'heures de français en 4° et sa famille a déménagé, il arrive donc dans un autre collège en 3° et là on leur dit "dommage pour vous, chez nous c'est en 3° qu'on diminue le français ! ".
Et pendant qu'on amuse la galerie par la lutte des fachos (les opposants !) et des bisounours (le ministère), c'est un mouvement social profond, sérieux, décidé, qui s'apprête à affronter ce gouvernement pour que cette réforme, la réforme de trop parce qu'elle finirait de casser le service public national et laïque en s'ajoutant à toutes les précédentes (quel que soit le gouvernement...), qui se prépare à la base ..." (Intervention)

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" Dans la novlangue de l'ultralibéralisme, "réforme" signifie toujours "régression". (...) De vrais cours (histoire, français, maths...) vont être remplacés par des séances de n'importe quoi, imposées aux professeurs par une hiérarchie administrative qui ne cesse, depuis des décennies, de s'employer à détruire l'école publique.

On notera qu'au CSE, le MEDEF a voté pour cette réforme. Cela devrait suffire à nous alerter.
Constatons également que les professeurs, qui sont quand même les premiers concernés, sont vent debout contre cette réforme. Comme d'habitude, on ne leur a pas demandé leur avis.

Une "réforme" conçue dans de mystérieuses hautes sphères, qui tombe du ministère, comme d'habitude sans aucun moyen (les heures d'EPI seront soustraites aux heures d'enseignement), et dont on ne comprend pas du tout les objectifs: en quoi serait-ce un progès de remplacer une heure d'allemand, ou de latin, ou de français, par une heure d'EPI ? Et pourquoi supprimer les classes européennes et bilangues ? Cette décision aussi est parfaitement incompréhensible." (Intervention)


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Mettre les élèves en difficulté au centre de ce système est une erreur capitale ! 





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