Savoir vendre les sciences : le cas des frères Bogdanoff

En octobre 2010, les très médiatiques frères Grichka et Igor Bogdanoff font parler d’eux à la sortie de leur dernier livre « Le visage de Dieu ». Des enquêtes fleurissent alors sur le net pour critiquer le niveau scientifique des thèses de doctorat en physique et en mathématiques qu’ils ont soutenus en 1999 et 2002.

Au-delà de la polémique, je relève la conclusion de la lettre de Daniel Sternheimer, membre du CNRS et Directeur des thèses des Bogdanoff au moment de leurs soutenances, écrite pendant cette affaire et intitulée « Mise au point sur l’affaire Bogdanoff ».

Cette conclusion  insiste sur l’importance du rôle des scientifiques qui vulgarisent les thèmes de recherche et incitent leurs concitoyens à s’intéresser aux sciences et au débat scientifique. La société a besoin de personnes médiatiques qui donnent envie de découvrir des aspects de la physique et des mathématiques, et qui font découvrir les axes de la recherche contemporaine. Il est important de trouver les mots et les idées qui dévoileront des aspects du débat scientifique en le plaçant autant que possible à portée de l’intelligence du non spécialiste. 

Nous sommes tous à des degrés divers des non spécialistes de quelque chose, et l’on ne motivera pas la jeunesse à prendre la relève dans les domaines scientifiques si on ne leur montre qu’une science sèche et barbante. Il est utile de présenter les combats scientifiques de manière suffisamment attractive pour motiver des vocations, pour que l’on se sente capable d’investir des dizaines d’années de travail et de sueur pour faire avancer la science.

Voici l’extrait en question :

« Grâce à leur talent pour la communication, à tout ce qu’ils ont appris et à leur expérience de la recherche, ils sont plus à même que la plupart des universitaires de faire passer ce message. Si les rois de France n’avaient dû compter que sur leurs brillants généraux et valeureux mousquetaires pour susciter des vocations militaires, sans avoir recours aux sergents recruteurs, la France ne serait pas ce qu’elle est. 
Avec des moyens plus modernes et plus nobles car ils font appel aux médias et à l’intelligence, les Bogdanoff, comme d’autres en nombre encore trop restreint, jouent avec un style très personnel ce rôle pour les armées de professionnels dont la science a de plus en plus besoin. Leurs petits défauts, leurs succès indéniables et les jalousies que cela peut susciter ne devraient pas faire obstacle à ce qui est leur vraie vocation. » (Daniel Sternheimer)

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